Create
Learn
Share

CHAP. V. LES AGENTS ANTI-BACTERIENS

rename
elodiepayet's version from 2017-12-29 10:16

Section 1

Question Answer
désinfectantsdésigner les agents susceptibles de tuer (non spécifiquement) les bactéries sur des objets, dans des locaux
antiseptiquesles agents "désinfectants" à usage humain ou vétérinaire.
Quels sont les différents moyens pour tuer les bactéries ? 1. Les agents chimiques ; 2. La chaleur ; 3. La filtration ; 4. Les radiation
Les agents chimiques Une série d'agents chimiques peuvent être utilisés comme désinfectants ou antiseptiques. Les détergents, le chlore, l'alcool, le formol... ont des types d'action très divers qui seront plus ou moins efficaces contre tel ou tel type de micro-organisme, selon qu'ils altèrent les protéines, les lipides
La chaleurSelon le type de bactérie auquel on a affaire, des températures plus ou moins élevées seront nécessaires pour tuer les bactéries. Certaines bactéries thermophiles sont en effet capables de croître à des températures de l'ordre de 100°C alors que d'autres bactéries sont rapidement tuées à cette température. - l'élimination des bactéries potentiellement pathogènes dans les produits laitiers est assurée par un chauffage à 63°C pendant 30 min. (Pasteurisation). - Le procédé UHT consiste à porter le lait pendant 2 sec. à 141°C. - Si l'on veut stériliser complètement une solution, cad éliminer tout mico-organisme vivant, il faudra l'autoclaver cad la porter à 121°C pendant 20 min. dans une atmosphère humide (sous-pression).
La filtrationLe passage d'une solution à travers d'un filtre de 0,22 microns de porosité éliminera les bactéries, mais pas les virus.
les radiationsLes rayonnements UV causent surtout des dommages aux acides nucléiques. Malheureusement, ils n'ont qu'une très faible efficacité de pénétration dans la matière. Ils peuvent être utilisés pour stériliser des surfaces. Les rayons gamma, par contre, pénètrent très bien dans la matière. Ils peuvent être utilisés pour stériliser des objets volumineux. Ce type de stérilisation est malheureusement plus compliqué à mettre en œuvre.
memorize

Les antibiotiques

 

Question Answer
Les antibiotiquessont des agents qui ont une toxicité sélective. Ils peuvent être bactériostatiques (arrêt de la croissance bactérienne) ou bactéricides (induisant la mort de la bactérie)
Quelles sont les cibles des antibiotiques(i) la synthèse de la paroi, (ii) le ribosome, (iii), le métabolisme (iv) les enzymes liées au génome et (v) la membrane.
La synthèse du peptidoglycane implique les étapes suivantes1. La première étape est cytoplasmique. Elle consiste dans l'élaboration de précurseurs nucléotidiques UDP-NAGA et UDP-Mur-pentapeptide. La synthèse d'UDP-Mur-pentapetide passe par un intermédiaire UDP-Mur-tripeptide, auquel est ajouté le dimère D-Ala-D-Ala. Ce dimère est produit par les activités successives de l'alanine racémase (L-Ala -> D-Ala) et de la D-Ala:D-Ala ligase. 2. La deuxième étape se passe au niveau de la membrane plasmique. Le transporteur lipidique undécaprényl prend d'abord en charge le monomère Mur-pentapeptide. Il y a ensuite addition de NAGA et formation de undécaprényl-Mur-pentapetide-NAGA. Le transporteur lipidique fait ensuite transiter le disaccharide -pentapeptide à travers la membrane plasmique. 3. La troisième étape à lieu à la face externe de la membrane plasmique. Elle consiste en l'incorporation des unités disaccharides-pentapeptides sur le squelette de peptidoglycane pré- existant. Cette incorporation se déroule en plusieurs étapes. - Une réaction de transglycosylation pour allonger les chaînes saccharidiques NAGA-Mur- NAGA-Mur.... - une réaction de transpeptidation qui consiste à ponter la fonction carboxyle du 4è résidu (D- Ala) avec l'amine du troisième résidu (Lys ou MésoDAP) d'une autre chaîne. La formation du lien interpeptidique s'accompagne de la libération du 5è résidu (D-Ala). Les carboxypeptidases peuvent aussi transférer le carbonyle du 4è résidu sur une molécule d'eau pour moduler le degré de pontage du peptidoglycane.
Les transpeptidases et carboxypeptidases sont la cible ?des pénicillines
Les pénicillines marchent comment ?se fixent sur les enzymes (appelées dès lors PBP pour "penicillin-binding proteins") inhibant ainsi leur activité.
La vancomycineglycopeptide cyclique surtout actif sur les bactéries à Gram+. Cet antibiotique inhibe la synthèse du peptidoglycane en se fixant, sur les résidus D-Ala-D-Ala du
Mur-pentapeptide (côté externe de la membrane plasmique). Il inhibe ainsi les étapes de transglycosylation et de transpeptidation nécessaires à l'allongement et au pontage des chaînes de peptidoglycane.
La bacitracineest un peptide qui inhibe le transport des précurseurs de peptidoglycane à travers la membrane plasmique.
Une série d'antibiotiques se fixent sur les ribosomes vrai ou faux ?Vrai
memorize

Origine des résistances

Question Answer
Quelles sont les deux hypothèses pour expliquer l'apparition de mutants résistants ?1. L'hypothèse adaptative selon laquelle chaque bactérie à une chance d'être induite à résister à un antibiotique quand elle est au contact de ce dernier. 2. L'hypothèse de la mutation spontanée qui propose qu'une cellule de la population bactérienne puisse acquérir la résistance à un antibiotique indépendamment de celui-ci. Cette bactérie est ensuite sélectionnée lorsqu'elle se trouve au contact de l'antibiotique.
Comment a t on fait pour trancher entre ces deux hypothèses ?Pour trancher entre ces deux hypothèses, Luria et Delbrück (1943) ont imaginé le test de fluctuation. Une différence majeure entre les deux alternatives réside dans le fait que la population bactérienne est homogène avant contact avec l'antibiotique dans la première hypothèse, mais pas dans l'hypothèse de la mutation spontanée (2è). Dans le premier cas, (théorie adaptative), chaque bactérie de la culture a une probabilité identique de devenir résistante au moment ou on la met en contact avec l'antibiotique. Dans le second cas, le nombre de bactéries résistantes dans une sous-culture donnée dépendra du moment (génération) auquel est survenue la mutation. Si la mutation est survenue tôt, il y aura un grand nombre de bactéries résistantes dans la culture. Si elle est survenue tardivement, il y aura peu de bactéries résistantes dans la sous-culture. La variance du nombre de bactéries résistantes entre sous-cultures distinctes sera beaucoup plus forte que dans le cas de la théorie adaptative.
Les résultats plaident en faveur de quelle hypothèse ?la deuxième hypothèse: la bactérie devient spontanément résistante et la bactérie résistante est ensuite sélectionnée au détriment des autres, lors de l'utilisation de l'antibiotique.
La deuxième hypothèse est également confirmée parpar le fait qu'il est possible, dans une population bactérienne issue d'une bactérie sensible à un antibiotique, d'isoler par la technique des répliques, une bactérie résistante à l'antibiotique sans que cette bactérie n'ait été mise au contact de l'antibiotique.
memorize

Mécanisme de résistance

Question Answer
Résistance naturelleLes bactéries peuvent être naturellement résistantes à l'un ou l'autre antibiotique, soit parce que celui-ci n'est simplement pas actif (absence de cible ou absence de fixation sur la cible), soit parce qu'en dépit de son activité potentielle, il ne peut atteindre sa cible (comme la pénicilline G qui franchit difficilement la membrane externe des bactéries Gram-. Certaines souches de Salmonella et E. coli peuvent aussi devenir résistantes à une céphalosporine (la céphaloridine) par une mutation qui inactive le gène de la porine OmpF.
Inactivation de l'antibiotiqueDe nombreuses bactéries pathogènes résistent à l'attaque en inactivant les antimicrobiens. Par exemple, les β-lactamases produites par certaines bactéries clivent les pénicillines. Il existe aussi des gènes de résistance codant pour des enzymes qui modifient l'antibiotique par l'addition d'un groupement chimique. Par exemple, le gène cat exprime une enzyme (la chloramphénicol acétyl transférase CAT) qui attache un groupement acétyle au chloramphénicol, rendant ainsi cet antibiotique inactif.
Modification ou surproduction de la cibleUne autre tactique est de modifier la cible de façon à ce qu'elle ne soit plus reconnue par l'antibiotique. Par exemple, des mutations qui affectent la RNA polymérase peuvent empêcher la fixation de rifampicine sans entraver le fonctionnement de l'enzyme. Certaines bactéries peuvent devenir résistantes à l'érythromycine en exprimant une méthylase qui méthyle le ribosome, empêchant sa reconnaissance par l'antibiotique. Il est aussi possible de contrecarrer une résistance en surexprimant la cible. On observe chez certains entérocoques résistants à la pénicilline, une surproduction de PBP5. Cette PBP qui a peu d'affinité pour la pénicilline peut, lorsqu'elle est surproduite, assurer les activités des autres.
Remplacement de la cibleLecasleplusdémonstratifdecetypederésistanceestla résistance à la vancomycine. Certains transposons découverts chez les entérocoques véhiculent un bloc de gènes qui permettent à la bactérie de contourner l'action de l'antibiotique en modifiant une voie métabolique. Le gène vanX code pour une enzyme qui dissocie les dimères D-Ala-D-Ala. Le gène vanH code pour une pyruvate déshydrogénase qui produit du D-lactate. Le produit du gène vanA est une ligase qui lie ce D-lactate à un résidu D-ala. Le dimère D-Ala-D-Lac est alors utilisé pour former le pentapeptide lié à l'acide N- acétyl muramique. Le résultat est que le pentapeptide se termine par D-Ala-D-Lac et n'est plus reconnu par la vancomycine
memorize
Expulsion de l'antibiotique: la résistance des bactéries aux tétracyclines s'exerce par l'expression de pompes membranaires qui rejettent activement l'antibiotique à l'extérieur de la bactérie.